{"id":2290,"date":"2017-12-14T13:03:46","date_gmt":"2017-12-14T12:03:46","guid":{"rendered":"http:\/\/editions-sillage.fr\/?page_id=2290"},"modified":"2019-12-23T16:13:08","modified_gmt":"2019-12-23T15:13:08","slug":"alphonse-allais","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/editions-sillage.fr\/?page_id=2290","title":{"rendered":"Alphonse Allais"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Alphonse Allais aux \u00e9ditions Sillage :<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/editions-sillage.fr\/?p=2267\"><em>Le Captain Cap<\/em><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/editions-sillage.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Alphonse_Allais.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-2294\" src=\"https:\/\/editions-sillage.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Alphonse_Allais-219x300.jpg\" alt=\"\" width=\"219\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/editions-sillage.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Alphonse_Allais-219x300.jpg 219w, https:\/\/editions-sillage.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Alphonse_Allais-110x150.jpg 110w, https:\/\/editions-sillage.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/Alphonse_Allais.jpg 487w\" sizes=\"auto, (max-width: 219px) 100vw, 219px\" \/><\/a>1854\u202f: Le 20 octobre, naissance de Charles-Alphonse Allais \u00e0 Honfleur. Son p\u00e8re, Charles-Auguste, tient une pharmacie dans la ville. Allais est le deuxi\u00e8me de cinq enfants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1863\u202f: L\u2019enfant entre en classe de sixi\u00e8me\u00a0; il se montre bon \u00e9l\u00e8ve.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1870\u202f: Le 9 novembre, Alphonse Allais est re\u00e7u bachelier \u00e8s sciences.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1871\u202f: En stage \u00e0 la pharmacie paternelle, le jeune homme a l\u2019occasion de soigner des bless\u00e9s de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise en d\u00e9route.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1872\u202f: Allais est deuxi\u00e8me \u00e9l\u00e8ve \u00e0 la pharmacie Vigier, boulevard Bonne-Nouvelle, \u00e0 Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1875\u202f: En octobre, Allais entame une collaboration avec <em>Le Tintamarre<\/em>\u00a0; elle se poursuivra jusqu\u2019en 1880. Le mois suivant, d\u00e9but de son volontariat \u00e0 Lisieux, qui se terminera en mai 1876 \u2013 Allais remplira r\u00e9guli\u00e8rement ses obligations militaires jusqu\u2019\u00e0 leur terme, en 1900.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1876\u202f: De retour \u00e0 Paris apr\u00e8s son volontariat, Allais reprend une place \u00e0 la pharmacie Vigier, puis en occupe une autre \u00e0 la pharmacie Jacob, rue de Turbigo. Il s\u2019inscrit \u00e0 l\u2019\u00c9cole de pharmacie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1877\u202f: Le 12 d\u00e9cembre, il est pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Charles Cros par Georges Lorin (dit Cabriol).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1878\u202f: Allais habite au 3, place de la Sorbonne. En mai, il devient \u00ab\u00a0propri\u00e9taire g\u00e9rant\u00a0\u00bb du journal <em>Les \u00c9coles<\/em>, r\u00e9serv\u00e9 aux \u00e9tudiants des facult\u00e9s de m\u00e9decine et de pharmacie, dont F\u00e9licien Champsaur est le r\u00e9dacteur en chef \u2013 le dernier num\u00e9ro para\u00eet en juin. En octobre, \u00c9mile Goudeau fonde le club des Hydropathes, dont Allais et son fr\u00e8re, Paul-\u00c9mile, sont membres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1879\u202f: Allais collabore \u00e0 <em>L<\/em><em>\u2019Hydropathe<\/em>. Il m\u00e8ne des exp\u00e9riences dans le laboratoire de Charles Cros. En octobre, d\u00e9but de sa collaboration au journal <em>La Cravache. <\/em>En d\u00e9cembre, la s\u0153ur d\u2019Allais \u00e9pouse Charles Leroy, membre du club des Hydropathes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1880\u202f: Allais abandonne ses \u00e9tudes cette ann\u00e9e-l\u00e0\u00a0; il gagne probablement sa vie en travaillant en pharmacie. <em>L<\/em><em>\u2019Hydropathe <\/em>consacre son num\u00e9ro de janvier \u00e0 Alphonse Allais, \u00ab\u00a0chef de l\u2019\u00c9cole Fumiste\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1881\u202f: Le 7 mars, Allais d\u00e9pose un brevet pour du \u00ab\u00a0sucre-caf\u00e9-soluble\u00a0\u00bb, qui fait de lui l\u2019inventeur du caf\u00e9 lyophilis\u00e9. En novembre, Rodolphe Salis ouvre le cabaret <em>Le Chat noir<\/em>, \u00e0 Montmartre. Le lieu accueille d\u00e9sormais les r\u00e9unions des Hydropathes \u2013 Allais en devient un des piliers. Il collabore \u00e0 la revue <em>L<\/em><em>\u2019Anti<\/em><em>&#8211;<\/em><em>Concierge<\/em>, de Sapeck, dont le premier num\u00e9ro para\u00eet en d\u00e9cembre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1882\u202f: Le 14 janvier, parution du premier num\u00e9ro de l\u2019hebdomadaire <em>Le Chat noir<\/em>, dont Salis est le directeur et \u00c9mile Goudeau le r\u00e9dacteur en chef. Allais fr\u00e9quente les Hirsutes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1883\u202f: Quittant la pharmacie, Allais se consacre d\u00e9sormais au journalisme. Le 17 mars, premi\u00e8re publication dans <em>Le Chat noir<\/em>. En octobre, Allais participe \u00e0 la deuxi\u00e8me exposition des Arts Incoh\u00e9rents, galerie Vivienne\u00a0: il pr\u00e9sente un bristol blanc intitul\u00e9 <em>Premi\u00e8re communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige\u00a0<\/em><em>\u2013<\/em> l\u2019\u0153uvre s\u2019inspire de celle, enti\u00e8rement noire, que son ami le dramaturge Paul Bilhaud pr\u00e9senta au m\u00eame salon l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, <em>Combat de n\u00e8gres dans un tunnel. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1884\u202f: Nouvelle pr\u00e9sentation de monochromes au salon des Arts Incoh\u00e9rents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1885\u202f: Allais entame une collaboration avec le <em>Courrier fran\u00e7ais <\/em>et, l\u2019ann\u00e9e suivante, avec <em>La Jeune Belgique.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1886\u202f: En octobre, Allais devient r\u00e9dacteur en chef du <em>Chat noir<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1887\u202f: Parution chez Ollendorff de <em>La Nuit blanche d\u2019un hussard rouge<\/em>, plaquette d\u2019Allais illustr\u00e9e par Caran d\u2019Ache. Allais figure parmi les membres fondateurs de la soci\u00e9t\u00e9 th\u00e9\u00e2trale <em>Le Gard\u00e9nia<\/em>, aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019autres habitu\u00e9s du <em>Chat noir<\/em>, dont un certain Albert Caperon, dit le Captain Cap.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1888\u202f: Parution d\u2019une nouvelle plaquette chez Ollendorff, <em>Une id\u00e9e lumineuse. <\/em>En ao\u00fbt, Allais publie dans <em>Le Chat noir<\/em> un hommage \u00e0 Charles Cros, mort le 9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1889\u202f: En mars, la pi\u00e8ce <em>Au moulin de la Galette<\/em>, \u00e9crite en collaboration avec Jehan Sarrazin, est jou\u00e9e au <em>Divan Japonais<\/em>. Nouvelle plaquette chez Ollendorff, <em>Un m\u00e9content<\/em>. D\u00e9but d\u2019une collaboration de trois ans avec le <em>Gil Blas<\/em>. S\u2019\u00e9prend de la danseuse Jane Avril, mod\u00e8le de Toulouse-Lautrec.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1890\u202f: <em>Le Pauvre Bougre et le bon g\u00e9nie<\/em> para\u00eet chez Ollendorff. En ao\u00fbt, voyage en Angleterre avec Auriol et Maurice O\u2019Reilly. Allais emm\u00e9nage rue Victor-Mass\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1891\u202f: En mai, chez Ollendorff, parution de son premier recueil de contes, <em>\u00c0 se tordre. <\/em>En novembre, c\u00e8de sa place de r\u00e9dacteur en chef du <em>Chat noir<\/em> \u00e0 L\u00e9on Gandillot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1892\u202f: Voyage \u00e0 Marseille. Nouveau recueil, <em>Vive la vie\u00a0!<\/em>, chez Flammarion. D\u00e9but de sa collaboration au <em>Journal<\/em>, de Fernand Xau \u2013 Allais tient une rubrique intitul\u00e9e <em>La Vie dr\u00f4le<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1893\u202f: En avril, parution de <em>Pas de bile<\/em>, chez Flammarion\u00a0; en juillet, <em>Le Parapluie de l\u2019escouade <\/em>sort chez Ollendorff. En ao\u00fbt, Albert Caperon se pr\u00e9sente aux \u00e9lections l\u00e9gislatives, dans le 9<sup>e<\/sup> arrondissement \u2013 il obtient 134 voix. Le 25 novembre, premier num\u00e9ro de l\u2019hebdomadaire <em>La Vie dr\u00f4le<\/em>, dont Allais est directeur litt\u00e9raire\u00a0\u2013 la revue cessera de para\u00eetre en f\u00e9vrier de l\u2019ann\u00e9e suivante. En d\u00e9cembre et janvier, voyage \u00e0 Cannes et \u00e0 Nice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1894\u202f: Ollendorff publie l\u2019anthologie<em> Les Ga\u00eet\u00e9s du Chat Noir<\/em>, dont les \u00e9l\u00e9ments ont \u00e9t\u00e9 rassembl\u00e9s par Allais. En juin, d\u00e9part pour les \u00c9tats-Unis et le Canada\u00a0: parti le 9 du Havre, Allais arrive le 16 \u00e0 New York, dont il repart le 21 pour Montr\u00e9al. En septembre, le recueil <em>Rose et vert pomme<\/em> para\u00eet chez Ollendorff.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1895\u202f: Le 21 f\u00e9vrier, Allais \u00e9pouse Marguerite Marie Gouz\u00e9e, fille d\u2019un brasseur d\u2019Anvers, de quinze ans sa cadette. Voyage de noces \u00e0 Venise. En mars, <em>Le Chat noir<\/em> cesse sa publication. En juin, voyage \u00e0 Bruxelles. En d\u00e9cembre, d\u00e9m\u00e9nagement rue \u00c9douard-Detaille. <em>Deux et deux font cinq (2\u00a0+\u00a02\u00a0=\u00a05)<\/em> para\u00eet chez Ollendorff.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1896\u202f: En f\u00e9vrier, premi\u00e8re de la pi\u00e8ce <em>Innocent<\/em>, \u00e9crite avec Alfred Capus \u2013 Allais en tirera le roman <em>L<\/em><em>\u2019Affaire Blaireau<\/em> en 1898. En mai et juin, s\u00e9jour en Belgique. En d\u00e9cembre, Allais est admis \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des gens de lettres. <em>On n\u2019est pas des b\u0153ufs<\/em> para\u00eet chez Ollendorff.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1897\u202f: En mars, les Allais visitent Turin et G\u00eanes, puis Marseille, en avril. Apr\u00e8s un passage \u00e0 Paris, ils repartent \u00e0 Venise en mai, et rentrent par Nice. Le 1<sup>er<\/sup> avril, parution de <em>L<\/em><em>\u2019Album primo<\/em><em>&#8211;<\/em><em>avrilesque<\/em> d\u2019Allais, qui regroupe ses monochromes pr\u00e9sent\u00e9s aux Arts Incoh\u00e9rents. Ollendorff publie <em>Le Bec en l\u2019air.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1898\u202f: En janvier, voyage \u00e0 Toulon. En mai, premi\u00e8re de la pi\u00e8ce <em>Silv\u00e9rie ou les Fonds hollandais<\/em>, \u00e9crite avec Tristan Bernard. Le 26 octobre, naissance de sa fille Marie Paule. <em>Amours, d\u00e9lices et orgues<\/em> para\u00eet chez Ollendorff. Mort d\u2019Albert Caperon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1899\u202f: F\u00e9lix F\u00e9n\u00e9on fait entrer Allais \u00e0 <em>La Revue blanche<\/em>, o\u00f9 sont publi\u00e9s <em>Pour cause de fin de bail <\/em>et <em>L<\/em><em>\u2019Affaire Blaireau<\/em>. Au th\u00e9\u00e2tre des Mathurins sont repr\u00e9sent\u00e9s <em>Le Pauvre bougre et le bon g\u00e9nie<\/em>, en mai, et <em>\u00c0 la gare comme \u00e0 la gare<\/em>, revue \u00e9crite avec Albert-Ren\u00e9, en juin. En octobre est fond\u00e9e la revue <em>Le Sourire<\/em>, dont Allais est r\u00e9dacteur en chef.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1900\u202f: <em>Ne nous frappons pas<\/em> para\u00eet \u00e0 <em>La<\/em> <em>Revue blanche<\/em>. Collaboration au <em>Suppl\u00e9ment<\/em>. <em>L<\/em><em>\u2019Astiqueur<\/em>, pi\u00e8ce en un acte d\u2019Allais et Albert-Ren\u00e9, est repr\u00e9sent\u00e9 en f\u00e9vrier au th\u00e9\u00e2tre du Gymnase.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1901\u202f: Allais signe, en novembre, une protestation prenant la d\u00e9fense de Laurent Tailhade, condamn\u00e9 \u00e0 un an de prison et 1000\u00a0francs d\u2019amende pour un article paru dans <em>Le Libertaire<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1902\u202f: Juven publie <em>Le Captain Cap, ses aventures, ses id\u00e9es, ses breuvages<\/em>. Il s\u2019agit du dernier recueil publi\u00e9 par Allais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1903\u202f: <em>Cong\u00e9 amiable<\/em>, pi\u00e8ce \u00e9crite avec Tristan Bernard, est repr\u00e9sent\u00e9e en avril au th\u00e9\u00e2tre de la Renaissance, dirig\u00e9 par Lucien Guitry. En d\u00e9cembre, repr\u00e9sentation de <em>Monsieur la Pudeur<\/em>, pi\u00e8ce \u00e9crite avec F\u00e9lix Galipaux et Paul Bonhomme, au th\u00e9\u00e2tre Cluny\u00a0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1905\u202f: Le 21 octobre, Allais publie son dernier conte dans <em>Le Sourire<\/em>, \u00ab\u00a0Erreur n\u2019est pas compte\u00a0\u00bb. Il meurt le 28 octobre \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Britannia, rue d\u2019Amsterdam, d\u2019une embolie.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a id=\"caperon\"><\/a>Ascendance et descendance d\u2019Albert Caperon, dit le Captain Cap<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/editions-sillage.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/affiche-cap.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-2310 size-thumbnail\" src=\"https:\/\/editions-sillage.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/affiche-cap-150x214.png\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"214\" \/><\/a>Albert Jean Baptiste Nicolas Caperon, n\u00e9 le 4 octobre 1864, \u00e0 Paris, a men\u00e9 une existence qui, par son caract\u00e8re parfois excentrique, n\u2019a rien \u00e0 envier \u00e0 celle du personnage d\u2019Alphonse Allais. La personnalit\u00e9 de son p\u00e8re, aventurier fantasque au destin \u00e9minemment romanesque, y est sans doute pour beaucoup.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On sait que son grand-p\u00e8re, Jean-Baptiste Caperon, a \u00e9t\u00e9 officier des arm\u00e9es napol\u00e9oniennes. Orphelin en 1848, son p\u00e8re, Paulin Caperon, h\u00e9rite de vignobles dans le Bordelais et d\u2019une magnanerie. Pratiquant six langues \u2013 dont l\u2019arabe\u00a0\u2013, il se lance dans une carri\u00e8re politique, \u00e9crivant dans des revues socialistes et r\u00e9publicaines. Il s\u2019exile \u00e0 Londres \u2013 en compagnie d\u2019\u00c9mile de Girardin \u2013, apr\u00e8s le coup d\u2019\u00c9tat du 2 d\u00e9cembre 1851. Rentr\u00e9 en France au d\u00e9but des ann\u00e9es 1860, il fonde une banque priv\u00e9e et \u00e9pouse une riche h\u00e9riti\u00e8re, Marie \u00c9lise Alexandrine Marissal. Deux enfants naissent de cette union, Albert\u00a0\u2013 le futur Captain Cap\u00a0\u2013 en 1864 et Marguerite en 1870. Propri\u00e9taire d\u2019une villa au Pecq, d\u2019un ch\u00e2teau \u00e0 Bordeaux, il loue pour sa famille un appartement \u00e0 Paris. En 1866, il rach\u00e8te avec Girardin le quotidien <em>La Libert\u00e9 <\/em>\u2013 auquel Vall\u00e8s collaborera bri\u00e8vement. En 1872, il se porte candidat aux \u00e9lections l\u00e9gislatives en Gironde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nouveau tournant dans cette existence aventureuse en 1874\u00a0: Paulin Caperon est impliqu\u00e9 dans l\u2019affaire dite de la Banque territoriale d\u2019Espagne, pour des man\u0153uvres financi\u00e8res qu\u2019il aurait effectu\u00e9es pour le compte du Cr\u00e9dit foncier suisse. Condamn\u00e9 par d\u00e9faut \u00e0 5 ans d\u2019emprisonnement et 3000 francs d\u2019amende, Caperon a quitt\u00e9 la France avant que l\u2019affaire n\u2019\u00e9clate. Il passe par la Belgique, o\u00f9 il prend l\u2019identit\u00e9 d\u2019un cousin r\u00e9cemment d\u00e9c\u00e9d\u00e9, Peter Coutts, et gagne les \u00c9tats-Unis. Ses biens sont mis sous s\u00e9questre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1875, Paulin Caperon ach\u00e8te un ranch de 700 hectares \u00e0 Mayfield (aujourd\u2019hui Palo Alto), qu\u2019il modernise et transforme en une ferme mod\u00e8le. Son b\u00e9tail, qu\u2019il fait venir d\u2019Europe, remporte plusieurs concours. <a id=\"appel\"><\/a>Il fait construire une tour en brique, qui subsiste encore aujourd\u2019hui sous le nom de <em>Frenchman\u2019s Tower,<\/em> o\u00f9 il installe une r\u00e9serve d\u2019eau et, \u00e0 l\u2019\u00e9tage, une biblioth\u00e8que <a href=\"http:\/\/editions-sillage.fr\/?page_id=2290#note\"><sup>(note)<\/sup><\/a>. Il semble que toutes sortes de rumeurs aient couru \u00e0 son sujet, mais la v\u00e9rit\u00e9 finit par s\u2019apprendre et Paulin Caperon est victime de chantage. Il rentre en France en 1879 ou 1880, revend son terrain, en 1882, \u00e0 Lelan Stanford, qui exploite la ferme pendant trois ans avant de cr\u00e9er sur ses terres l\u2019universit\u00e9 qui porte aujourd\u2019hui son nom.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parvenant \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer ses biens, Paulin Caperon laisse son \u00e9pouse et son fils \u00e0 Paris\u00a0; il s\u2019installe \u00e0 Arcachon avec sa fille, qui meurt de tuberculose en 1884. Il fait alors construire un ch\u00e2teau \u00e0 \u00c9vian o\u00f9 il n\u2019habitera pas, vit lui-m\u00eame \u00e0 Bordeaux, o\u00f9 il meurt le 5 octobre 1889. Il l\u00e8gue son importante biblioth\u00e8que au duc d\u2019Aumale (elle est aujourd\u2019hui conserv\u00e9e au ch\u00e2teau de Chantilly).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La vie du fils, qu\u2019Alphonse Allais fit passer \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9, est moins bien document\u00e9e que celle de son p\u00e8re. Vivant de ses rentes, il \u00e9pouse Ernestine-Germaine Clogerson, la ni\u00e8ce de sa gouvernante\u00a0; il devient p\u00e8re de deux filles, Marguerite et Camille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les t\u00e9moins de son existence s\u2019accordent sur deux traits de son caract\u00e8re\u00a0: son go\u00fbt pour l\u2019oisivet\u00e9, et un net penchant pour la boisson. En 1887, il appartient au cercle dramatique <em>Le Gard\u00e9nia<\/em>, dont sont notamment membres Allais, Georges Auriol, \u00c9mile Goudeau, Maurice O\u2019Reilly, Courteline et Franc-Nohain. Albert Caperon se porte candidat aux \u00e9lections l\u00e9gislatives d\u2019ao\u00fbt 1893\u00a0\u2013 la campagne est d\u00e9crite dans les premi\u00e8res pages du pr\u00e9sent volume.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Caperon meurt, le 1<sup>er<\/sup> septembre 1898, \u00e0 Paris, dans son domicile de la rue Jadin, des suites d\u2019une chute de cheval. Sa fille Marguerite \u00e9pouse en 1919 un lieutenant am\u00e9ricain, Charles E. Berlin, et s\u2019installe avec lui aux \u00c9tats-Unis. Elle prononce, en 1953 probablement, une conf\u00e9rence sur son grand-p\u00e8re \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Stanford.<a id=\"note\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/editions-sillage.fr\/?page_id=2290#appel\">Note<\/a>. Pr\u00e9cisons qu&rsquo;il existe \u00e9galement \u00e0 Stanford un <em>Frenchman&rsquo;s Park<\/em>, ainsi qu&rsquo;une <em>Frenchman&rsquo;s Road<\/em>, o\u00f9 v\u00e9cut notamment, jusqu&rsquo;\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s, le philosophe et acad\u00e9micien Ren\u00e9 Girard.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a id=\"biblio\"><\/a>Rep\u00e8res bibliographiques<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le Captain Cap, ses aventures, ses id\u00e9es, ses breuvages<\/em> parut \u00e0 Paris, chez Juven, en 1902. Le recueil se compose de contes publi\u00e9s en revue entre 1892 et 1901, ainsi que de textes in\u00e9dits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains des contes avaient d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet d\u2019une publication dans les recueils suivants\u00a0: <em>Le Parapluie de l\u2019escouade<\/em> (1893), <em>Pas de bile\u00a0!<\/em> (1893),<em> Rose et vert pomme<\/em> (1894), <em>Deux et deux font cinq<\/em> (1895), <em>Le Bec en l\u2019air<\/em> (1897), <em>Amours, d\u00e9lices et orgues<\/em> (1898), <em>Pour cause de fin de bail<\/em> (1899).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u0152uvres d\u2019Alphonse Allais<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Tout Allais<\/em>, Paris, La Table ronde, 11 vol., 1964-1970\u00a0(<em>\u0152uvres anthumes<\/em>, Caradec Fran\u00e7ois (\u00e9d.)\u00a0: 3 vol.\u00a0; <em>\u0152uvres posthumes<\/em>, Caradec Fran\u00e7ois, Pia Pascal (\u00e9ds.)\u00a0: 8\u00a0vol.).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u0152uvres anthumes<\/em>, Caradec Fran\u00e7ois, (\u00e9d.), Paris, Robert Laffont, \u00ab\u00a0Bouquins\u00a0\u00bb, 1989.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u0152uvres posthumes<\/em>, Caradec Fran\u00e7ois (\u00e9d.), Paris, Robert Laffont, \u00ab\u00a0Bouquins\u00a0\u00bb, 1990 [il s\u2019agit d\u2019une anthologie des \u0153uvres posthumes].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Par les bois du Djinn\u00a0: po\u00e9sies compl\u00e8tes<\/em>, Caradec Fran\u00e7ois (\u00e9d.), Paris, Fayard, 1997.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Cher Monsieur vous<\/em><em>&#8211;<\/em><em>m\u00eame\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0: correspondance 1875<\/em><em>&#8211;<\/em><em>1905<\/em>, Caradec Fran\u00e7ois (\u00e9d.), Paris, Fayard, 1999.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00c9tudes critiques<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Allais-Leroy Jeanne, <em>Alphonse Allais. Souvenirs d\u2019enfance et de jeunesse<\/em>, Paris, Flammarion, 1913.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Caradec Fran\u00e7ois, <em>Alphonse Allais<\/em>, Paris, Fayard, 1997.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Caradec Fran\u00e7ois, <em>Alphonse Allais\u00a0: origines des \u0153uvres anthumes (premi\u00e8res publications) et relev\u00e9 des 23 contes dont l\u2019origine n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e \u00e0 ce jour<\/em>, Paris, F. Caradec, 1999.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Defays Jean-Marc, <em>Jeux et enjeux du texte comique\u00a0: strat\u00e9gies discursives chez Alphonse Allais<\/em>, T\u00fcbingen, M.\u00a0Niemeyer, 1992.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Defays Jean-Marc, <em>Le Texte \u00e0 rire\u00a0: technique du secret et art de l\u2019illusion chez Alphonse Allais<\/em>, Jyv\u00e4skyl\u00e4, University of Jyv\u00e4skyl\u00e4, 1994.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Defays Jean-Marc, Rosier Laurence (\u00e9ds.), <em>Alphonse Allais, \u00e9crivain\u00a0: actes du premier colloque international Alphonse Allais, universit\u00e9 de Li\u00e8ge<\/em><em>&#8211;<\/em><em>W\u00e9gimont, 9<\/em><em>&#8211;<\/em><em>11 septembre 1996<\/em>, Saint-Genouph, Nizet, 1997.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Delbourg Patrice, <em>Comme disait Alphone Allais<\/em>, Paris, \u00c9criture, 2005.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>L<\/em><em>\u2019Allaisienne\u00a0: la lettre confidentielle de l\u2019Association des amis d\u2019Alphonse Allais et de l\u2019Acad\u00e9mie Alphonse Allais<\/em>, Paris, Association des amis d\u2019Alphonse Allais, depuis 2005.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alphonse Allais aux \u00e9ditions Sillage : Le Captain Cap 1854\u202f: Le 20 octobre, naissance de Charles-Alphonse Allais \u00e0 Honfleur. Son p\u00e8re, Charles-Auguste, tient une pharmacie dans la ville. Allais est le deuxi\u00e8me de cinq enfants. 1863\u202f: L\u2019enfant entre en classe de sixi\u00e8me\u00a0; il se montre bon \u00e9l\u00e8ve. 1870\u202f: Le 9 novembre, Alphonse Allais est re\u00e7u [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-2290","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/editions-sillage.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2290","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/editions-sillage.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/editions-sillage.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editions-sillage.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/editions-sillage.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2290"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/editions-sillage.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2290\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2852,"href":"https:\/\/editions-sillage.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2290\/revisions\/2852"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/editions-sillage.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2290"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}