{"id":1697,"date":"2017-07-20T12:59:12","date_gmt":"2017-07-20T10:59:12","guid":{"rendered":"http:\/\/editions-sillage.fr\/?page_id=1697"},"modified":"2017-07-20T16:43:39","modified_gmt":"2017-07-20T14:43:39","slug":"iouri-olecha","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/editions-sillage.fr\/?page_id=1697","title":{"rendered":"Iouri Olecha"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Iouri Olecha aux \u00e9ditions Sillage :\u00a0<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/editions-sillage.fr\/?p=231\"><em>L&rsquo;Envie<\/em><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1793 alignright\" src=\"http:\/\/editions-sillage.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Olecha.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"282\" srcset=\"https:\/\/editions-sillage.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Olecha.jpg 200w, https:\/\/editions-sillage.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Olecha-106x150.jpg 106w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/>1899\u00a0: Iouri Olecha na\u00eet le 3 mars \u00e0 Elisavetgrad (aujourd\u2019hui Kirovograd), en Ukraine. Il est issu d\u2019une famille d\u2019aristocrates polonais ruin\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1902\u00a0: Les Olecha d\u00e9m\u00e9nagent \u00e0 Odessa, o\u00f9 Iouri passe son enfance et son adolescence. Son p\u00e8re est employ\u00e9 dans une distillerie de vodka. Olecha ne fr\u00e9quente pas l\u2019\u00e9cole, mais suit des cours \u00e0 domicile. Sa grand-m\u00e8re polonaise lui enseigne le russe et les math\u00e9matiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1908\u00a0: Il int\u00e8gre le lyc\u00e9e Rishelevskii, \u00e0 Odessa.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1916\u00a0: Olecha publie ses premiers po\u00e8mes dans le <em>Bulletin d\u2019Odessa<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1917\u00a0: Olecha quitte le lyc\u00e9e avec les honneurs en langue et litt\u00e9rature. Il s\u2019inscrit \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Novorossiikii d\u2019Odessa o\u00f9 il \u00e9tudie le droit pendant deux ans. Il continue d\u2019\u00e9crire de la po\u00e9sie, influenc\u00e9 par des auteurs comme Alexander Blok ou Igor Severyanin. Sa ballade <em>Clarimonda<\/em> para\u00eet dans le <em>Bulletin d\u2019Odessa<\/em>. \u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, il fr\u00e9quente un cercle litt\u00e9raire politiquement engag\u00e9 dont Ilia Ilf et Valentin Kata\u00efev sont \u00e9galement membres. Kata\u00efev et lui deviennent ins\u00e9parables. La R\u00e9volution bolchevique \u00e9clate l\u2019ann\u00e9e de ses dix-huit ans. Il commence \u00e0 travailler pour l\u2019agence de presse Iougrosta, qui deviendra plus tard l\u2019agence TASS.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1919\u00a0: Au plus fort de la guerre civile en Ukraine, Wanda, la s\u0153ur d\u2019Olecha, meurt de la typho\u00efde. Olecha s\u2019engage dans l\u2019Arm\u00e9e Rouge pour un an. Il devient standardiste dans un bataillon de l\u2019artillerie navale de la Mer Noire. La m\u00eame ann\u00e9e, il \u00e9pouse Olga Gustavovna Suok.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1921\u00a0: Il s\u2019installe \u00e0 Kharkov. Alors qu\u2019il travaille \u00e0 nouveau pour la Iougrosta, il publie son premier r\u00e9cit, <em>L<\/em><em>\u2019Ange<\/em>, dans le journal de Kharkov <em>Prolit<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1922\u00a0: Olecha d\u00e9m\u00e9nage \u00e0 Moscou. C\u2019est au journal <em>Gudok<\/em>, l\u2019organe de presse officiel du syndicat des cheminots, qu\u2019il d\u00e9bute sa carri\u00e8re litt\u00e9raire. Il y publie des \u00ab\u00a0feuilletons en vers\u00a0\u00bb, des satires po\u00e9tiques sur la bureaucratie et les conditions de vie difficiles dans la Russie sovi\u00e9tique\u00a0; il signe \u00e9galement des articles enthousiastes sur les r\u00e9alisations du r\u00e9gime. D\u2019autres \u00e9crivains y travaillent avec lui\u00a0: Isaac Babel, Ilia Ilf, Evgueni P\u00e9trov, Mikha\u00efl Boulgakov, Valentin Kata\u00efev\u2026 Il devient bient\u00f4t un membre influent de l\u2019\u00e9quipe \u00e9ditoriale. Durant cinq ans, il publie plus de cinq cent chroniques, qui sont largement appr\u00e9ci\u00e9es et dont certaines sont ensuite r\u00e9unies en recueil (en 1924 puis en 1927).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1924\u00a0: Olecha termine l\u2019\u00e9criture de <em>Les Trois Gros<\/em>, conte destin\u00e9 aux enfants mais n\u00e9anmoins tr\u00e8s politique, qui ne trouvera pas d\u2019\u00e9diteur avant 1928.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1927\u00a0: Publication de son premier roman, <em>L<\/em><em>\u2019Envie<\/em>, dans le magazine litt\u00e9raire <em>Krasnaya Nov<\/em>. Radicalement novateur dans sa mise en cause de la nouvelle soci\u00e9t\u00e9 sovi\u00e9tique, le roman remporte un grand succ\u00e8s, aussi bien public que critique. Il commence ensuite l\u2019\u00e9criture d\u2019une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, <em>La Mort de Zand<\/em>, qu\u2019il r\u00e9\u00e9crira sous le titre <em>Le Mendiant<\/em>. La pi\u00e8ce se joue au Th\u00e9\u00e2tre d\u2019Art de Moscou alors qu\u2019elle est encore inachev\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1928\u00a0: Publication de sa nouvelle la plus c\u00e9l\u00e8bre, <em>Liompa<\/em>. Sa notori\u00e9t\u00e9 s\u2019accroit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1929\u00a0: <em>L<\/em><em>\u2019Envie<\/em> est adapt\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre sous le titre <em>L<\/em><em>\u2019Homme inutile ou La Conspiration des sentiments. <\/em>Parution de la nouvelle <em>L<\/em>&lsquo;<em>Amour<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1930\u00a0: Le 14 avril, suicide de Vladimir Ma\u00efakosvki, dont Olecha est un admirateur. Le 5 mai, Olecha commence l\u2019\u00e9criture de son journal. La m\u00eame ann\u00e9e, son conte <em>Les Trois Gros<\/em> est adapt\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre par Constantin Stanislavski et jou\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre d\u2019Art de Moscou.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1931\u00a0: Olecha \u00e9crit une nouvelle pi\u00e8ce, <em>La Liste des avantages<\/em>, pour le Th\u00e9\u00e2tre Meyerhold \u00e0 Moscou. La censure s\u00e9vissant de plus en plus durement, Olecha se tourne vers l\u2019\u00e9criture de sc\u00e9narios pour le cin\u00e9ma et la traduction d\u2019auteurs turkm\u00e8nes et ukrainiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1932\u00a0: Olecha, dans une allocution publique intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Je comprends parfaitement les int\u00e9r\u00eats de la restructuration\u00a0\u00bb, fait part de ses incertitudes quant au contr\u00f4le strict exerc\u00e9 sur les \u00e9crivains et leurs travaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1934\u00a0: Menac\u00e9 par la censure, accus\u00e9 de l\u00e2chet\u00e9 et d\u2019opportunisme, Olecha prononce son autocritique au premier Congr\u00e8s de l\u2019Union des \u00e9crivains et promet un roman respectant les nouvelles consignes sovi\u00e9tiques, tout en t\u00e2chant de d\u00e9fendre l\u2019ind\u00e9pendance de la litt\u00e9rature. Ce roman ne sera jamais \u00e9crit. La m\u00eame ann\u00e9e, il compose un sc\u00e9nario intitul\u00e9 <em>Le Jeune Homme s\u00e9v\u00e8re<\/em>, port\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran deux ans plus tard par Abram Room. Le sc\u00e9nario d\u2019Olecha avait \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 par la censure, mais l\u2019adaptation cin\u00e9matographique est interdite \u00e0 sa sortie\u00a0; Abram Room se trouve r\u00e9trograd\u00e9 au rang d\u2019assistant pour avoir promu des id\u00e9es pessimistes \u00e0 l\u2019\u00e9gard du communisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1935\u00a0: <em>Les Trois Gros<\/em> est transpos\u00e9 en ballet au Th\u00e9\u00e2tre du Bolcho\u00ef.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1936\u00a0: Le m\u00eame conte fait l\u2019objet d\u2019une adaptation \u00e0 l\u2019op\u00e9ra. Publication de sa nouvelle <em>Natasha<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1937\u00a0: Au plus fort des \u00ab\u00a0Grandes Purges\u00a0\u00bb, Olecha est interdit de publication, accus\u00e9 d\u2019\u00ab\u00a0antihumanisme\u00a0\u00bb. L\u2019\u00e9criture d\u2019Olecha devient de plus en plus fragmentaire. Il sombre peu \u00e0 peu dans l\u2019alcool\u00a0; sa situation financi\u00e8re est critique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1939\u00a0: Pour appliquer la doctrine esth\u00e9tique du r\u00e9alisme socialiste, Olecha \u00e9crit le sc\u00e9nario du film d\u2019Aleksandr Matcheret, <em>La Faute de l\u2019ing\u00e9nieur Kotchine<\/em>, qui exalte le NKVD et condamne les \u00ab\u00a0ennemis du peuple\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1956\u00a0: \u00c0 la faveur de la p\u00e9riode de d\u00e9gel qui suit l\u2019accession au pouvoir de Khrouchtchev, quelques extraits de son journal paraissent en Union Sovi\u00e9tique. Les derni\u00e8res ann\u00e9es de la vie d\u2019Olecha sont occup\u00e9es par la composition d\u2019un nouveau livre, <em>Pas de jour sans une ligne<\/em>, dont le plan est inspir\u00e9 de son journal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1959\u00a0: Apr\u00e8s avoir mis en sc\u00e8ne <em>L<\/em><em>\u2019Idiot<\/em> de Dosto\u00efevski au Th\u00e9\u00e2tre Vakhtangov, il \u00e9crit une adaptation des <em>Fleurs Tardives<\/em> de Tchekhov, qui sera port\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cran en 1970.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1960\u00a0: Le 10 mai, Iouri Olecha meurt d\u2019une crise cardiaque, \u00e0 Moscou, pauvre et isol\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1965\u00a0: Sa veuve fait para\u00eetre une \u00e9dition posthume et expurg\u00e9e de <em>Pas de jour sans une ligne<\/em>. Sa version int\u00e9grale sera publi\u00e9e en fran\u00e7ais en 2006 sous le titre <em>Le Livre des Adieux<\/em>.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a id=\"biblio\"><\/a>Rep\u00e8res bibliographiques<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u0152uvres traduites en fran\u00e7ais<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Les Trois M\u00e9chants Gros<\/em>, trad. par St\u00e9phanie Merley, Paris, \u00c9ditions Sociales Internationales, 1936.\u00a0Nouvelle traduction, sous le titre <em>Les Trois Gros<\/em>, par Paul Lequesne, Lausanne, L\u2019\u00c2ge d\u2019homme, 2005.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le Mendiant ou La Mort de Zand<\/em>, trad. par Luba Jurgenson, Lausanne, L\u00a0\u2019\u00c2ge d\u2019homme, 1990.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Nouvelles et r\u00e9cits<\/em>, suivi de<em> Le Jeune Homme s\u00e9v\u00e8re<\/em>, trad. par Paul Lequesne, Lausanne, L\u00a0\u2019\u00c2ge d\u2019homme, 1995.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Pas de jour sans une ligne<\/em>, trad. par Paul Lequesne, Lausanne, L\u00a0\u2019\u00c2ge d\u2019homme, 1995.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nouvelle traduction, sous le titre <em>Le Livre des Adieux<\/em>, par Marianne Gourg, Monaco, \u00c9ditions Anatolia, 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Parricide<\/em>, trad. par Marina Berger et Lioubov Soudb\u00e9, Paris, Stalker, 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La Conspiration des sentiments <\/em>(adaptation th\u00e9\u00e2trale de <em>L<\/em>\u00a0<em>\u2019Envie<\/em>), trad. par Marianne Gourg, Lausanne, L\u2019\u00c2ge d\u2019homme, 2014.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Iouri Olecha aux \u00e9ditions Sillage :\u00a0 L&rsquo;Envie 1899\u00a0: Iouri Olecha na\u00eet le 3 mars \u00e0 Elisavetgrad (aujourd\u2019hui Kirovograd), en Ukraine. Il est issu d\u2019une famille d\u2019aristocrates polonais ruin\u00e9s. 1902\u00a0: Les Olecha d\u00e9m\u00e9nagent \u00e0 Odessa, o\u00f9 Iouri passe son enfance et son adolescence. Son p\u00e8re est employ\u00e9 dans une distillerie de vodka. 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